
PRESENTATION
Philippe Parrinello est un artiste sculpteur, dessinateur et peintre français né en 1967. Il vit et travaille aujourd’hui à Saint-Étienne-du-Bois en Vendée, où il a fondé l’Atelier/Galerie Philippe Parrinello dans la grange d’un logis du XVIIᵉ siècle.
Il qualifie son univers artistique « d’archao-baroque » et mêle une figuration symboliste à une réflexion poétique sur la condition humaine et le rapport à la nature.
“L’archao-baroque,” comme une fusion de deux styles opposés de l’histoire de l’art : d’un côté le retour à la force brute, au totem et à l’art des imagiers médiévaux et de l’autre, la tension dramatique et la sensualité du baroque.
La présence archaïque, c’est cette force primitive qui fait de ses pièces des figures hiératiques, totems dressés face au temps. L’élan baroque, c’ est le souffle qui vient tordre les lignes, animer les corps et insuffler une sensualité tourmentée à la forme.
Entrer dans l’univers de Philippe Parrinello, c’est avant tout accepter une invitation à la découverte d’une œuvre habitée. Bien plus qu’une simple exposition de formes, ce travail se présente comme une mythologie en mouvement, un territoire où le regard est invité à déchiffrer des récits sculptés, à la lisière du rêve et de la réalité.
Le bois devient le vecteur d’un récit symbolique, situé entre mythe et introspection, où les formes humaines et animales se répondent. L’artiste voit ses œuvres comme ses « Corps de bois », des entités habitant un « territoire qui réfléchit le nôtre », une manière de double poétique du réel.
« Je suis en empathie avec cette matière fibreuse… J’en suis le fil pour y creuser, y tailler les corps d’un monde imaginaire. »
Son travail explore principalement :
La dualité humaine : tension entre instinct et spiritualité, entre violence et beauté.
Le mythe et le symbole : héritage de traditions artistiques anciennes et réinterprétées.
La transformation et la mémoire : la sculpture garde trace du bois, comme l’humain garde trace de la nature.
Dans ses textes esthétiques, Philippe Parrinello se définit comme un intercesseur poétique, un « créateur-narrateur » qui cherche à comprendre le monde à travers l’art :
« L’artiste regarde le monde, c’est un médiateur sans économie, sans politique, dans la force poétique. »
« Une sculpture existe comme un personnage. »
Philippe Parrinello sculpte le bois comme une mémoire du monde vivant. Son œuvre, profondément symbolique et narrative, questionne l’humain dans son rapport au corps, à la nature et à la spiritualité. Ses « Corps de bois » sont les témoins d’une humanité à la fois blessée et créatrice, où l’art devient un acte de médiation poétique et de résistance intérieure.
Une référence clé, anonyme mais fondamentale, est celle des fabricants de stalles médiévales. Ces artisans qui sculptaient les miséricordes des sièges d’église ou les détails des boiseries avec une liberté totale, mêlant le sacré au grotesque, le divin à l’humain.
Au confluent des anonymes et des maîtres, cette recherche esthétique s’inscrit également dans une filiation exigeante, convoquant des figures majeures de l’histoire de l’art comme de Michel-Ange, Rodin, mais aussi louise Bourgeois, Baselitz, Penone…
La création devient une libération.
La récurrence de la spirale dans ce travail symbolise une invitation à un voyage sans fin, une introspection vers un centre toujours fuyant. Les « Corps de bois » qui peuplent cet espace ne sont pas des objets de décoration, mais des « porte-paroles poétiques ». Ils témoignent d’une recherche constante sur l’identité, le temps et le lien que l’homme entretient avec ses racines.
L’Atelier/Galerie Philippe Parrinello est plus qu’un espace d’exposition : c’est un lieu de création et de transmission. Philippe Parrinello y développe une dimension collective. Il conçoit ce lieu comme un espace autonome de production culturelle locale, reliant art et territoire :
« Nous avons besoin du regard des artistes pour créer de nouveaux récits sur ce monde qui vient. »

UN ARTISTE OBSTINÉ
Ce n’est pas si fréquent de croiser la route d’un sculpteur. Philippe Parrinello a installé son atelier dans une ancienne grange à Saint Etienne du Bois en Vendée en face d’un logis vendéen qu’il a rénové en famille. Il travaille au milieu des ponceuses, des ciseaux et des pièces de bois qui attendent d’être sèches. Il vit, entouré de ses sculptures et dès l’entrée des figures grimaçantes vous accueillent.
Découvrir Philippe Parrinello à l’œuvre, c’est comprendre qu’en sculpture si rien n’est impossible, rien n’est instantané. En novembre 2015, Philippe Parrinello proposait à Pontault-Combault «La Vénus et l’Esclave». Cette installation présentait deux grands bas-reliefs posés sur un dialogue extrait d’un film de John Cassavetes (Shadows). L’occasion pour lui de rendre hommage au cinéaste américain à l’origine de son ambition artistique et de reprendre à son compte le regard sur l’art de l’auteur de «Faces». Réaliser une œuvre, trouver son identité d’artiste, c’est avancer sur une voie d’épure et d’autonomie, c’est choisir un médium qui soit un chemin vers soi et vers les autres.
Pour Philippe Parrinello, ce chemin, c’est la sculpture.
Sculpter, c’est maîtriser un geste, il s’agit d’enlever des extraits d’un bloc pour insuffler une histoire. Tourner autour d’une pièce ou d’une installation de Philippe Parrinello, c’est entrer dans un monde, découvrir des personnages, des paysages et une profusion de symboles. Presque qu’un film en soi.
Sculpter, c’est une rencontre avec la matière : ici le bois. Matière noble, riche de son vécu, sur laquelle le sculpteur va s’appuyer pour trouver la veine du récit que ses outils vont creuser. Si l’on peut dire que la graine se souvient de l’arbre qu’elle était, avec Philippe Parrinello la sculpture n’oublie pas l’arbre qu’elle a été. Malgré des heures de ponçage, malgré les laques, les vernis, les colles, le végétal ne disparaît pas sous l’œuvre. Il est toujours là, présence sous-jacente au langage éloquent. Dans «La Femme Babel», le tronc est bien là mais déjà la femme s’élance, déjà la ville s’anime. Avec «L’accomplissement», c’est un arbre, présence rassurante, qui héberge la danse des amants. Dans l’étrange série des «Pacmans», l’arbre est encore là. D’un nœud il fait un œil aux aguets, d’une fente, il fait un sexe offert, d’une branche, un bras levé.
Sculpter, comme une rencontre entre deux corps, celui de l’arbre bien sûr mais celui du sculpteur aussi . Un corps à corps parfois violent, parfois caressant.
Mais sculpter ce n’est pas que porter des coups ou les retenir. Le corps à corps commence dans le regard. Sans aller jusqu’à parler de méditation, il y a dans la pratique de Philippe Parrinello de longs moments de contemplation devant ce qui n’est encore qu’un morceau de bois. Quelle histoire emprisonnée sous l’écorce va-t-il pouvoir libérer ?
Tout cela ne va pas jaillir instantanément. Sculpter est un travail de patience mais surtout un travail physique. Et on retrouve là, chez lui, une sorte de fraternité silencieuse avec tous ceux dont le corps est un outil de travail. Ici le travail est manuel, ici on donne de sa personne, ici on crée.
Philippe Parrinello a réalisé beaucoup d’autoportraits. Le plus émouvant, le plus juste est sûrement cette énorme main en chêne, offrande, à la fois puissance et fragilité.
Une sculpture nous dit Philippe Parrinello, c’est une portion de temps, un engagement dans la durée. Pour le spontanée, l’instant croqué, il y a le dessin, l’aquarelle. Des techniques plus souples, plus mobiles qui permettent de fixer les idées, les images et de préparer ou de prolonger les travaux sculptés. Car tout se répond, tout fait sens. L’idée de continuité entre les pièces est essentielle. Pas de dates de création sur les œuvres mais à chaque fois des signes qui, comme des fils invisibles, tissent des liens entre chaque pièce. Petit à petit, nous dit l’artiste, l’idée s’est imposée de fabriquer un territoire, un petit peuple comme les personnages d’un film : Les Corps de bois …
Le sculpteur est un démiurge… Des formes anthropomorphiques vont naître de sa main.
Des êtres étranges aux yeux parfois plus vrais que nature. Mi-homme, mi-animal, être mutant. Homme à tête de souris ou d’âne ou même d’oiseaux, femme louve, centaure. A moins que tout cela ne soit que des masques ? Philippe Parrinello travaille les corps. Allonge une tête, étire un membre. La mutation est bien là, à l’œuvre sous nos yeux. Qui sont tous ces monstres que nous montre le sculpteur ? D’où viennent-ils ? Du fin fond de nos cauchemars ? De nos forêts primitives ? Des mythes anciens ? A moins que, peurs bien plus contemporaines, ils se soient échappés des fantasmes d’un savant fou ?
Nous avons oublié les récits fondateurs de notre humanité. Philippe Parrinello nous les rappelle. C’est toute une mythologie qui s’aligne devant nous, une petite armée de corps de bois bien décidée à prendre vie …
Qu’est-ce qu’un homme ? Qu’est-ce qu’une bête ? Qu’avons-nous perdu en quittant notre état de nature ? C’est tout cela que nous disent «Les Corps de bois». Message discret, leur cri est couvert, il ne s’impose pas. Philippe Parrinello n’a jamais fait de son art un étendard mais il nous propose bien un regard sur le monde. Regard angoissé sur ce monde animal dont nous nous éloignons comme un radeau à la dérive. Regard inquiet sur la violence omniprésente. Les rois se transforment en char, les naufragés tendent leurs bras et les armes sont tapies au cœur du couple. Image récurrente du labyrinthe où chacun peut se perdre et où chacun cherche son fil d’Ariane. Et puis il y a les tags, ces chiffres plus ou moins lisibles, qui petit à petit se sont mis à couvrir certaines de ses pièces à l’image de ce monde où tout est numérisé … Tout se compte et se décompte… Tout se calcule … Les chiffres dévorent notre monde, nous submergent comme ils recouvrent « La Pasquina » ou « La Pomone ». Logique implacable à l’œuvre qui engloutit avec elle la nature, les récits primitifs mais aussi nos désirs intimes … Aujourd’hui nous dit l’artiste, il faut être bien attentif pour réussir à discerner les pulsations du monde réel derrière le vacarme du binaire.
«Mes corps de bois peuplent un territoire qui réfléchit le nôtre»
Un credo puissant pour un artiste obstiné.
Stéphanie Gallet

JE SUIS SCULPTEUR
Le volume est pour moi une forme d’altérité palpable, jouant d’ombres et de lumières, prenant l’espace, posant ses couleurs.
Le bois s’est peu à peu imposé comme matière première de mon travail. Je suis en empathie avec cette matière fibreuse, dure, noueuse, lisse ou rugueuse, à la richesse surprenante, infinie. J’en suis le fil pour y creuser, y tailler les corps d’un monde imaginaire, marqué de fantasmes et d’expressions poétiques, parfois violentes, parfois douces…. toujours reflet de mon intériorité.
Archaobaroque
Mes investigations plastiques ont plusieurs influences. Les grandes figures artistiques du 20ème siècle tout comme les chamanes-artistes des premiers temps, les artisans médiévaux, les sculpteurs africains oubliés, ou les doux dingues de l’art brut.
Des influences qui s’inscrivent toujours dans le même espace, dont mes bois sculptés, mes gravures, mes encres, mes dessins sont les jalons.
Je revendique une esthétique baroque.
L’irrégularité, le foisonnement, la sensualité, l’étrangeté voire l’ésotérisme, mais aussi la violence, l’expressivité, et une certaine idée de l’humanisme marquent mon travail.
Le sens de chaque œuvre fait aussi une grande place à l’intuition du moment, engageant mon travail dans le quotidien du monde. Je ne conçois pas le travail artistique comme complètement en marge des réalités sociales, pour autant je ne fais pas de mon œuvre un étendard.
Labyrinthe
Je ne mets plus de date sur mes pièces.
Il n’y a pas de progression logique ni chronologique entre mes créations.
Je veux plutôt mettre en œuvre, ce que j’appelle une poétique du jalon. Chacune de mes sculptures est un point de repère, lié aux autres par ses attributs ou ses significations et cela en dehors de toutes logiques d’avancement.
Ainsi une œuvre ancienne peut s’accorder avec une plus récente et une sculpture en cours peut revenir sur une forme déjà utilisée. Chacune de mes pièces est un point d’accès, une entrée possible sur mon territoire.
L’image du labyrinthe est fréquente chez moi. Elle symbolise la perte, mais aussi tous ces chemins possibles à l’intérieur de mon travail. De la même manière de nombreuses œuvres sont marquées d’une spirale, qui montre la voie vers un infini.
Il s’agit pour moi d’explorer ce territoirecomme s’il était un patrimoine caché, que chaque jalon viendrait mettre en lumière.
Ce sont mes corps de bois
Un territoire comme une mythologie imaginaire inspirée de mythes, cosmogonies et légendes universelles.
Un territoire organisé dans une continuité avec le réel,
Un territoire dont les hommes et les femmes sont les protagonistes intimes.
L’art que je pratique est une mécanique autofictionnelle.
L’action artistique nous mêle au monde, celui du passé, du présent, peut-être de l’avenir.
Le territoire est le lieu de cette alchimie.

POSTULAT 1
L’artiste regarde le monde, c’est un médiateur sans économie, sans politique, dans la force poétique. Il intercède entre nous et le mystère de nos devenirs.
Postulat 2
Une œuvre est comme une histoire qu’on raconte. L’artiste comme un créateur narrateur en quête des péripéties de notre humanité.
Une histoire sans fin.
Une histoire en devenir.
Une histoire sans héros, muette de mots, pas de sens.
Une histoire offerte au spectateur.
Une histoire d’hommes et de femmes.
Une histoire de mystères.
Postulat 3
Une sculpture existe comme un personnage.
Mes corps de bois découvrent un univers qui ressemble au nôtre.
Mes corps de bois existent dans un temps parallèle.
Mes corps de bois se développent en créant des relations entre eux et avec nous.
Mes corps de bois jalonnent un territoire onirique, toujours au présent, sans dates.
Postulat 4
Les dessins sont leur imaginaire.
Postulat 5
Le recours à l’art est le recours aux symboles et aux mythes de tous les âges.

VRAISEMBLANCE
Je suis sculpteur, mais aussi peintre et dessinateur. Le volume est pour moi une forme d’altérité palpable, jouant d’ombres et de lumière, prenant l’espace, posant ses couleurs. Le bois s’est peu à peu imposé comme matière première de mon travail. Je suis en empathie avec cette matière à la richesse surprenante. J’en suis le fil pour y tailler les corps d’un monde imaginaire, marqué de fantasmes et d’expressions poétiques, parfois violentes, parfois douces, toujours reflets de mon intériorité. Je revendique une esthétique baroque, grotesque. L’irrégularité, le foisonnement, la sensualité, l’étrangeté, l’hybridation, une certaine idée de l’humanisme marquent mon travail. Le sens de chaque œuvre fait aussi une grande place à l’intuition, engageant mon travail dans le quotidien du monde. Je ne conçois pas le travail artistique comme complètement en marge des réalités sociales, pour autant je ne fais pas de mon œuvre un étendard. Chacun de mes “Corps de bois” est un point de repère, lié aux autres par ses attributs ou ses significations et cela en dehors de toutes logiques d’avancement. Ainsi une œuvre ancienne peut s’accorder avec une plus récente et une sculpture en cours peut revenir sur une forme déjà utilisée. Chacune de mes pièces est un point d’accès, une entrée possible sur mon territoire.

Nouveaux Récits (triptyque en chêne)
Avec ce triptyque en chêne, j’ai voulu ouvrir un nouveau chapitre de mon travail, un espace où les contraires se rencontrent, se mêlent et se répondent.
Sans être exhaustif, je veux ici donner quelques clés de lecture qui aideront à entrer dans mon univers.
Au centre se dresse une figure habitée par une double force : la puissance de l’esprit humain, symbolisée par ce visage doré à la feuille qui capte la lumière, mais aussi une forme d’impuissance face au monde, marquée par la lourdeur du corps et ce rapace aux ailes déployées qui semble peser sur sa tête.
Autour de ce personnage, la surface du bois est entièrement gravée de motifs végétaux et floraux pour rappeler notre lien avec l’environnement.
Pour moi, la colonne vertébrale du personnage est comme un tronc qui relie la tête dorée, symbole de conscience, à la graine enfouie à sa base. Cette structure squelettique est un axe végétale qui lie l’humain au sol.
De cette graine, des ramifications s’étendent comme des racines. Elles interagissent avec les formes qui évoquent une architecture urbaine, des immeubles, des usines, sources de pollution.
L’énergie de l’esprit humain nourrit la graine, la rendant capable de s’étendre et de transformer cet environnement.
Les racines sont, pour moi, une force organique, créatrice qui renouvelle le tissu urbain.
Ainsi mon personnage n’est pas une figure figée, il est l’acteur d’une métamorphose environnementale, puisant sa force dans son histoire. Il crée son monde.
L’abeille sculptée dans sa main représente la pollinisation, le cycle vital nécessaire à la reproduction et à la survie de la flore. Elle symbolise le pouvoir et la responsabilité de l’humain d’agir comme un agent de cette régénération. Mais surtout, l’abeille est un symbole de travail collectif, de coopération et d’organisation sociale harmonieuse.
J’émets l’idée que l’homme et la femme doivent s’intégrer dans le cycle naturel plutôt que de le dominer de manière destructrice.
De chaque côté, deux figures protectrices s’élèvent comme des sentinelles. Ce sont des êtres hybrides : un semi-homme-ange et une semi-femme-ange. En les regardant, on découvre qu’ils n’ont chacun qu’une seule aile et qu’un seul bras. Privés d’un envol total et d’une dextérité spécifiquement humaine, ils incarnent pour moi une fragilité très contemporaine et la nécessité de développer notre intériorité.
Sur le devant de ces deux corps, les niches principales s’ouvrent en forme de mandorles, ces formes d’amandes propres à la tradition chrétienne qui abritent habituellement un moment crucial de l’histoire sacrée.
Ici, elles deviennent le théâtre de nos espoirs humains. D’un côté, le fou qui combat et tue le serpent. De l’autre, la femme qui crée et donne la graine.
Ces deux images symbolisent, ensemble, l’espoir et le renouveau de notre humanité.
Chaque sculpture se divise en deux parties distinctes : le corps sculpté (introspectif) et son socle narratif et contextuel. Ces embases portent leurs propres histoires en prise directe avec les crises de notre siècle.
Sur l’embase de la première sculpture (l’homme), j’évoque les dérives des hommes à travers le danger industriel et la folie moderne. Illustrées sur une face par une représentation de l’énergie brutalement libérée et sur l’autre par une « danse des fous » au-dessus d’un crâne de bouffon.
Sur l’embase de la seconde sculpture (la femme), j’évoque la nécessaire récréation du lien au vivant face à la folie du monde. Sur une face, une fileuse tient le fil du destin relié à une bourse qui laisse échapper une semence fertile.
Au dos, un “fou” ou une “folle” au bâton fleuri et une chouette protectrice qui représente la sagesse animale, cette part de nature à laquelle notre humanité sur-connectée devrait de nouveau se lier.
Pour cette œuvre, je me suis particulièrement inspiré de l’art du Moyen Âge, et plus spécifiquement des miséricordes que l’on trouve dans les églises sous les stalles en bois. Les artisans de l’époque y sculptaient en toute liberté des scènes de la vie quotidienne, parfois drôles, parfois sombres ou fantastiques. C’est cette même liberté narrative que j’ai voulu retrouver : mêler le sacré des anges à la réalité crue de nos peurs, de nos doutes et de nos espoirs contemporains.
Avec ce triptyque je ne cherche pas à donner de leçons. À travers ces trois “corps de bois”, je veux comme dans le reste de mon œuvre poser des questions sur nos forces, nos faiblesses et notre place dans le vivant.
Je vous invite à imaginer, avec moi, la suite de l’histoire.